
Le paysage artistique gabonais connaît une mutation vers les plus grandes majors de renoms et internationales. Visiblement, c’est devenu monnaie courante, les grandes maisons de disques s’arrachent les artistes gabonais en contrepartie d’une signature dans la dite structure pour la production, la distribution ou l’exploitation de leurs images.
En 2024, nous assistons à la soi-disant signature de l’artiste et rappeur Eboloko qui a fait son entrée dans l’une des plus grandes majors à travers son tube international SATANANA qui cartonne depuis bientôt 5 mois sur la toile dont le Clip vidéo est désormais disponible sur YouTube et dépasse les 2 millions de vues. Il n’y a pas que cet exemple, Shan’L et EMMA’A qui ont eu le même chemin vers l’une des plus grandes structures artistiques africaines Sony Music Africa. En ces mots , nous nous questionnons sur le processus d’acquisition des artistes gabonais dans les maisons de disques. Que faut-il faire pour prétendre à une éventuelle signature chez une major ? Quelles sont les conditions à remplir pour un deal en distribution ? Que fait la major une fois les cases remplies ? Faudra t-il détenir un tube national pour prétendre être signé à l’international ? Pourquoi Sony Music Africa profitent toujours d’un potentiel tube en terre gabonaise pour immédiatement obtenir une signature ?
Les Majors et leurs amours des produits finis…
Constat fait, les majors qui sont là pour le développement artistique se donne des rôles assez intrigants. Par le passé, une maison de disques participait à l’éclosion d’un artiste qui partait de zéro. Zéro dans sa direction artistique, dans son image, et son son. Des exemples sont multiples, prenons aisément le cas de la chanteuse américaine Rihanna qui a été faite et construite par la structure de son mentor Jay-Z chez Def Jam/Roc Nation. À l’heure de la rédaction de cet article, dans mes oreilles, passe le slow à succès de Mariah Carey ” Héro “, une ballade Pop dont la jeune barbadienne a interprété lors de son audition chez Def Jam en 2004 devant les directeurs artistiques, la suite de l’histoire on la connaît tous. Rihanna est devenu l’une des plus grandes Popstars noir de la planète. Revenons au cas typiquement gabonais, en 2018, après la sortie de son plus gros tube ” Tchizambengue “, Shan’L a décroché un deal avec la major Sony Music Africa, un deal de distribution entre son label Direct Prod et la major. De cette signature, il y a eu le lancement officiel de son dernier album Eklektik 2.0 ( Ou est le mariage? J’en aime un autre , Je veux faire l’amour ) sorti en 2020. fort est d’observer qu’il y a eu une envie de prendre la chanteuse qui brillait en ces temps-là avec son Hit international dans toute l’Afrique. Si les closes de ce deal était qu’il fallait que l’artiste sorte un tube pour sa confirmation au sein de la structure, le pari était réussi, succès phénoménal et Triomphal dans toute l’Afrique. La signature a été faite aisément en terre gabonaise, les dirigeants ont effectué le déplacement de la Côte d’Ivoire pour LBV pour conclure le deal. L’histoire se répète en 2022 avec la naissance de la chanteuse et pépite du moment EMMA’A. La chanteuse se voit sous les feux de projecteurs avec son titre emblématique “ Encrée ” une ballade AfroPop sucré . Signé d’abord chez Sean Bridon Music, Emma’A signé un deal de distribution pour son single sous l’écurie de Sony music Africa. Le morceau est aisément matraqué à l’international, jusqu’à obtenir le Top 50 des titres les plus téléchargés sur iTunes France. Succès Triomphal, la jeune coqueluche fait ses preuves et obtient son contrat de production en major.
Bien est de constater qu’il y a des majors qui suivent pas à pas les efforts de certains artistes sur la toile en revanche avec des jeunes artistes gabonais. Ses derniers s’arrangent à bosser dur pour se tailler une place au devant de la scène musicale internationale.
Mais pourquoi toujours se présenter lorsque des jeunes talents gabonais détiennent à leurs mains un tube ? Pourquoi profiter lorsqu’il y a un travail déjà fini et abouti dans leurs arcs ?
Pourquoi ne pas instaurer des castings comme par le passé, rechercher la perle rare et la façonner à son image pour se vendre selon les standards du label ?
Les Majors préfèrent une star qui brille déjà au détriment d’un diamant brut qui n’a jamais été exploré.