TRIOMPHE MUSIC INTERVIEW : ENGO, tradition & modernité.

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𝒞’𝑒𝓈𝓉 𝑒𝓃 𝓅𝒶𝓇𝒸𝑜𝓊𝓇𝒶𝓃𝓉 𝓃𝑜𝓉𝓇𝑒 𝒻𝒾𝓁 𝒹’𝒶𝒸𝓉𝓊𝒶𝓁𝒾𝓉é 𝓈𝓊𝓇 𝐼𝓃𝓈𝓉𝒶𝑔𝓇𝒶𝓂 𝓆𝓊𝑒 𝓃𝑜𝓊𝓈 𝓈𝑜𝓂𝓂𝑒𝓈 𝓉𝑜𝓂𝒷é𝓈 𝓈𝓊𝓇 𝓁𝒶 𝓈𝓊𝒷𝓁𝒾𝓂𝑒 𝒷𝒶𝓁𝒶𝒹𝑒 𝒶𝒸𝑜𝓊𝓈𝓉𝒾𝓆𝓊𝑒 ” 𝐿𝒾𝑔𝒽𝑒 𝒷𝑜 ” 𝑒𝓍𝓉𝓇𝒶𝒾𝓉 𝒹𝑒 𝓈𝑜𝓃 𝓃𝑜𝓊𝓋𝑒𝓁 𝒶𝓁𝒷𝓊𝓂 𝑀𝒜 𝒦𝒜𝒩(𝒢) 𝐸𝒟𝒵𝐼𝒩𝒢 𝒹𝒾𝓈𝓅𝑜𝓃𝒾𝒷𝓁𝑒 𝒹𝑒𝓅𝓊𝒾𝓈 𝓁𝑒 27 𝒿𝓊𝒾𝓁𝓁𝑒𝓉 2024. 𝐸𝓃𝑔𝑜 𝑒𝓈𝓉 𝓊𝓃 𝒿𝑒𝓊𝓃𝑒 𝒜𝓇𝓉𝒾𝓈𝓉𝑒 𝑔𝒶𝒷𝑜𝓃𝒶𝒾𝓈 𝓆𝓊𝒾 𝒹𝑜𝓃𝓃𝑒 𝓋𝒾𝑒 à 𝓁𝒶 𝓂𝓊𝓈𝒾𝒸𝒶𝓁𝒾𝓉é 𝓂𝑜𝒹𝑒𝓇𝓃𝑒. 𝒮𝒶 𝓂𝓊𝓈𝒾𝓆𝓊𝑒 𝑒𝓈𝓉 𝓊𝓃 𝒸𝑜𝒸𝓀𝓉𝒶𝒾𝓁 𝒶𝓅𝒶𝒾𝓈𝒶𝓃𝓉, 𝓂𝒾𝓍𝒶𝓃𝓉 𝑔𝓊𝒾𝓉𝒶𝓇𝑒 𝒶𝒸𝑜𝓊𝓈𝓉𝒾𝓆𝓊𝑒, 𝒥𝒶𝓏𝓏 , 𝓇𝓎𝓉𝒽𝓂𝑒 𝒻𝑜𝓁𝓀𝓁𝑜𝓇𝒾𝓆𝓊𝑒 𝑒𝓉 𝑅𝓃𝐵 𝓁𝑒 𝓉𝑜𝓊𝓉 𝓅𝒶𝓇𝒻𝓊𝓂é 𝑒𝓃 𝓁𝒶𝓃𝑔𝓊𝑒 𝐹𝒶𝓃𝑔. 𝒩𝑜𝓊𝓈 𝒶𝓋𝑜𝓃𝓈 𝓅𝓇𝒾𝓈 𝓁𝑒 𝓉𝑒𝓂𝓅𝓈 𝒹𝑒 𝓇𝑒𝓃𝓉𝓇𝑒𝓇 𝑒𝓃 𝒸𝑜𝓃𝓉𝒶𝒸𝓉𝑒 𝒶𝓋𝑒𝒸 𝓁’𝒾𝓃𝓉𝑒𝓇𝓅𝓇è𝓉𝑒 𝒹𝑒 𝑀𝒾𝓁𝓁𝑒 à 𝓁’𝒽𝑒𝓊𝓇𝑒 𝓅𝑜𝓊𝓇 𝓊𝓃 𝑒𝓃𝓉𝓇𝑒𝓉𝒾𝑒𝓃 𝑒𝓍𝒸𝓁𝓊𝓈𝒾𝒻.

TMR / 1. Bonjour, et bienvenue sur notre plateforme Triomphe Music Records, Monsieur ENGO , comment allez-vous ? Faites nous découvrir votre parcours, votre identité à l’état civil , où êtes vous née ? On veut tout savoir.

Engo / Bonjour, merci de me recevoir et de m’accorder cette interview, je vais bien j’espère que vous aussi. A l’état civil, je m’appelle MVE MEBALE Ronnie, j’ai 28 ans et je suis né à Libreville bien que je sois originaire du Woleu-Ntem où j’ai passé toute mon enfance et adolescence entre Bitam et Oyem. ENGO est le nom que m’a donné ma grand-mère en souvenir de son cher frère, et c’est ce nom là que j’utilise pour la scène.

TMR / 2. Depuis combien de temps faites-vous de la musique ? quelles sont vos inspirations musicales ? Pourquoi le mixage entre la musique moderne et la langue Fang ?

Engo / Officiellement cela fait 4 ans avec la sortie de mon premier single de Slam « Elles » mais mon intérêt pour la musique remonte à mon enfance. Depuis tout petit , je voulais jouer de la guitare, j’en avais même fabriqué une quand j’avais 9 ans( LOL ) mais le son n’était pas bon. 9 ans plus tard, je décide d’acheter une guitare quand je rentre en classes prépas mais le rythme soutenu me contraint à abandonner. C’est en 2016 quand je me retrouve vraiment seul en France, loin de ma famille que j’apprends à jouer la guitare en autodidacte. L’inspiration vient alors de ce que j’écoute, de ce que je vis, des valeurs que ma famille m’a inculquées, et de la culture de mon peuple dont je suis très fier. Pour ne citer qu’eux, il y a Lokua Kanza, Richard Bona, Pierre-Claver Akendengue, Pierre Claver Zeng , André Pepe Ze, Annie Flore Batchiellelys qui m’ont je pense beaucoup influencé. Au delà de l’Afrique je peux également citer Coldplay, The Paper Kites, My Life as Ali Thomas. Il y en a tellement que je ne pourrai pas tous les citer. Le mélange des univers s’est fait tout naturellement car vivant moi-même dans un monde moderne et locuteur amoureux de ma langue, dans ma musique je n’exprime que ma façon de voir les choses, comment je les vis et la manière la plus fidèle et la plus urgente en terme d’identité est de le faire dans ma langue.

TMR / 3. Nous trouvons beaucoup de similitudes dans vos musiques qui ressemblent beaucoup à ce que l’artiste français Corneille, et congolais, Lokua Kanza proposent.  Coïncidence où inspiration ?

Engo / C’est un merveilleux compliment que vous me rapprochez de tels artistes qui ont marqué leur génération. Corneille est un artiste dont j’aime certaines chansons mais je ne dirai pas qu’il m’a influencé. Je ne l’ai pas beaucoup écouté. Lokua Kanza, lui par contre, est sans doute l’une de mes plus grandes influences. J’ai beaucoup écouté sa musique que j’adore d’ailleurs. Cependant, quand je compose loin de moi l’idée de ressembler ou de sonner comme un artiste, même si au final on peut percevoir la ressemblance avec un autre artiste. Bon c’est aussi tout ça qui fait la beauté de la musique et de l’influence qu’elle peut avoir sur d’autres artistes.

TMR / 4. Dans les bacs depuis le 27 juillet 2024 sur toute les plateformes de streaming , l’album MA KAN(G) EDZING est disponible , Combien de temps avez-vous pris pour réaliser ce projet ? et que veut dire le titre de l’album en français ?? Les  titres ” Mille à l’heure” , ” Ye wa Fekh ” sont nos  préféré À quoi renvoie la traduction ?

Engo / La réalisation de l’E.P a pris un an et demi. Ça n’a pas du tout été facile mais nous y sommes arrivés. L’EP « Ma kàn(g) edzing » a une double signification. Dans un premier temps, cela veut dire « Je respecte, je loue, je crains l’Amour ». Dans un second temps, cela veut aussi dire « Je craque, je cuis d’Amour » d’où le « g » entre parenthèses. Et en parcourant l’EP on peut voir qu’il y a cette ambivalence de l’Amour qui est constamment présente mais qui finit toujours sur une note positive. Au delà des déceptions, des remords, des échecs il faut continuer à croire en l’Amour, car l’Amour c’est la Vie. Il faut sans cesse bénir ceux ou celles qui nous apportent ou nous ont fait ressentir l’Amour malgré l’issue de la relation. Mille à l’heure c’est pour exprimer le fait qu’en Amour il n’y a pas de mode d’emploi. Chacun va à sa vitesse, à son rythme et parfois ce n’est pas à notre avantage. Car on est pas souvent sur la même longueur d’ondes. Mais alors que faire? Taire les sentiments ou prendre le risque d’écouter son cœur ? Je penche sur le deuxième cas, même si potentiellement à la fin les sentiments ne sont pas partagés. Mieux vaut regretter d’avoir fait quelque chose que de regretter de ne l’avoir jamais fait. Ye wa fekh, est une chanson que j’ai écrite après une rupture. Je me suis rendu compte à quel point l’Amour est fort mais tellement fragile. Aujourd’hui vous êtes inséparables et demain vous êtes séparés, vous devenez presque des inconnus. Mais ça m’arrivait de repenser à la personne et je me demandais si c’était le cas pour elle aussi. D’où Ye wa fekh, qui se traduit en français par , « Toi aussi? »

TMR / 5. Comment trouvez-vous la scène musicale gabonaise actuelle ?Des artistes que vous suivez actuellement? Envisagez-vous d’effectuer des collaborations futures avec certains d’entre eux ?

Engo / A mon avis, la scène musicale gabonaise aujourd’hui est dominée par la Ntcham, qui est portée par des artistes que je trouve d’ailleurs très talentueux même si ce n’est pas la musique que j’écoute au quotidien. Je trouve que c’est plus ou moins une bonne chose que la Ntcham domine la scène, parce que d’une manière ou d’une autre c’est le vert jaune bleu qui est mis en avant. Mon souhait est que des artistes qui évoluent dans un registre différent comme moi par exemple puissent bénéficier de plus d’espace médiatique et d’auditeurs pour que les gabonais et le monde sachent qu’il n’y a pas que la Ntcham que nous faisons au Gabon. J’aimerais bien faire des collaborations mais pour le moment je ne suis pas forcément attiré par la Ntcham. Je suis plus attiré par la musique des artistes tels que la slammeuse Nanda La Gaboma dont je vous avoue être un grand fan. Il y a aussi la chanteuse Yena Blue dont j’aime bien la musique. Et si un jour j’ai la chance de collaborer avec le rappeur Tris que je trouve incroyable ce serait juste dément.

Un mot pour la fin ???

Merci à vous Triomphe Musique Records de m’avoir offert cette tribune. C’était un réel plaisir d’échanger autour de mon projet.

ENGO a rendu disponible son premier album MA KAN(G) EDZING qui est disponible partout. On vous le recommande fortement, il est doux apaisant, et mélodieux.
magnifique projet.
Elysé Triomphe
Publié par

Elysé Triomphe

Je décrypte l'actualité artistique et musicale gabonaise. DM pour Collab !

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